Expatriation et entrepreuneriat

S’expatrier pour monter son business ? Mon avis !

Dans la sphère de l’entrepreneuriat, certains sujets font débat. C’est par exemple le cas de l’expatriation. D’un côté, il y a ceux qui pointent du doigt les « déserteurs fiscaux » et de l’autre, ceux qui prônent que la vie meilleure est ailleurs.

Je suis entrepreneur et expatrié à Malte depuis 7 ans, pour autant, je ne fais pas l’apologie de l’expatriation. Mon choix de vie ne convient pas forcément à tout le monde, et ça, j’en suis bien conscient.

J’aimerais toutefois partager mon expérience et mon avis, car je pense qu’un témoignage honnête pourrait aider celles et ceux qui se posent la question de savoir s’ils devraient partir à l’étranger ou rester en France.

Est-il réellement plus intéressant de monter son business à l’étranger ? Si oui, dans quelle mesure ? Est-ce légal ? N’est-il pas plus sûr et plus facile de rester en France ?

Si tu songes sérieusement à quitter la France, alors tu es sans doute submergé sous tout un tas de questions. Je vais essayer d’y répondre, mais rappelle-toi que je m’appuie uniquement sur MON expérience d’entrepreneur expatrié à Malte.

La différence entre un évadé et un expatrié fiscal

Un expatrié est une personne qui décide de vivre à l’étranger plus de six mois à l’année. Cela, pour des raisons d’ordre personnelles, comme l’envie de découvrir une nouvelle culture ou celle de fuir les températures négatives de l’hiver. Ou dans le cadre professionnel.  

Mais au-delà de ça, certaines personnes – des entrepreneurs – font ce choix pour des raisons économiques et financières.

Et c’est là que les amalgames commencent.

  • Un évadé fiscal est un entrepreneur qui vit en France, mais dont l’entreprise est implantée à l’étranger. Il bénéficie donc à la fois des bénéfices fiscaux du pays où se trouve son entreprise et à la fois des avantages sociaux de la France. Cette pratique est totalement illégale, et se solde au minimum par 500 000 euros d’amende assortis de 5 ans de prison fermes ;
  • Un expatrié fiscal est un entrepreneur qui a choisi d’implanter son entreprise dans un pays où le régime fiscal est plus avantageux. À la différence de l’évadé, il vit dans ce pays et devient donc totalement indépendant vis-à-vis de la France. C’est totalement légal, et c’est ce que l’on appelle faire de l’optimisation fiscale

Bien entendu, je ne recommande absolument pas de tenter la stratégie de l’évasion fiscale !

Quoi qu’il en soit, il me parait important de bien faire la distinction, car les entrepreneurs expatriés à l’étranger sont souvent accusés – à tort et sans aucune preuve – de fraude fiscale, alors que ce n’est absolument pas le cas ! Ces entrepreneurs – dont je fais partie – ont renoncé aux privilèges sociaux de la France et payent les impôts de leur pays d’accueil.  Il n’y a rien d’illégal et de mal à cela.

Pourquoi quitter la France pour entreprendre : mes 3 bonnes raisons

S’expatrier est un choix difficile, car cela signifie qu’il va falloir renoncer aux avantages de vivre en France. Je te conseille de faire un bilan des pour et des contres, et d’établir tes priorités. Pour ma part, il y a 3 grandes raisons qui m’ont poussé à quitter la France.

#1. Le cadre de vie

En ce qui me concerne, m’expatrier à Malte m’a permis de gagner en qualité de vie. Que ce soit pour le climat, pour la vie sociale ou même pour la sécurité, cette petite île m’apporte tout ce dont j’ai besoin pour mener une vie saine et épanouissante.

Monter un business à l'étranger

Mais ce n’est que mon point de vue, et je sais que c’est une question de goût ! La France est un magnifique pays où l’on peut également bénéficier d’une excellente qualité de vie. Ça, je ne le discute pas. Et d’ailleurs, je ne vais pas m’attarder sur ce point-là, car je pense que c’est très personnel et que cela dépend de chacun d’entre vous.

#2. Les opportunités professionnelles

Mon cas est un peu particulier, puisque lorsque j’ai décidé de tout quitter pour entreprendre dans un autre pays, je n’étais pas seul ! À cette époque, je suis parti pour monter un business à Malte avec des associés. J’avais donc un projet concret, une porte ouverte.

Je comprends tout à fait que l’on voit les choses différemment lorsqu’il s’agit de partir seul et sans plan d’action. Mais il ne faut pas oublier que parfois, il faut aussi bousculer un peu le destin.

Changer de pays signifie rencontrer de nouvelles personnes, ce qui peut rapidement se convertir en opportunités professionnelles. Surtout dans un pays comme Malte, où l’on peut très facilement rencontrer d’autres entrepreneurs français qui partagent les mêmes ambitions que soit. Encore une fois, je ne vais pas m’attarder sur ce point, car c’est surtout une question de point de vue et de personnalité.

#3. La fiscalité et système administratif

Je pense que personne ne me contredira, le système administratif français est extrêmement… chronophage. Pour rester poli. À Malte, je peux vous assurer que les démarches administratives sont bien moins « alambiquées ».

Et en ce qui concerne les avantages fiscaux, là encore, je parle depuis ma propre expérience : ils sont bien réels ! Je vous le donne dans le mile, et sans détour, implanter mon entreprise à Malte me permet de :

  • Ne pas reverser 50% de mon chiffre d’affaires à l’État, mais 5% ;
  • Ne pas payer plus de 1000 € de charges pour un employé au SMIC, mais moins de 300 €.

Le calcul est vite fait. D’ailleurs, en ce qui me concerne, ces avantages fiscaux ne m’ont pas seulement permis de faire des économies.

La fiscalité est elle avantageuse à l'étranger

Grâce à cet excédent de trésorerie – dégagé sans aucun effort particulier, si ce n’est payer mes impôts ! – j’ai pu investir dans d’autres domaines et gagner beaucoup plus d’argent.

J’ai entre autres investi dans l’immobilier et dans la cryptomonaie et c’est comme ça que j’ai pu gagner 1,2 million d’euros en 12 mois. Je suis absolument convaincu que cela n’aurait pas été possible si j’étais resté en France et que j’avais été obligé de reverser plus de la moitié de mes revenus.  En tout cas, cela m’aurait pris bien plus de temps !

3 faux avantages de rester en France pour entreprendre

Comme je le disais en introduction, l’expatriation fait débat chez les entrepreneurs. Et c’est tant mieux. Le problème, c’est que parfois j’entends des arguments complètement aberrants qui ne reposent sur aucune preuve.

C’est bien dommage, car je sais que beaucoup d’entrepreneurs se posent des questions, et j’imagine que ces allégations les découragent.

En France, il est possible d’emprunter plus facilement qu’à l’étranger

Tout d’abord, je ne suis pas convaincu qu’il soit facile d’emprunter en France. Et je ne suis pas non plus sûr que ce soit particulièrement compliqué à l’étranger, du moment que l’on y vit de manière définitive.

Et puis surtout, pourquoi aurait-on envie d’emprunter de l’argent lorsque l’on peut investir celui que l’on ne reverse pas à l’Etat dans des biens immobiliers ou des actifs comme la cryptomonaie ?

Il est ainsi possible de toucher des apports, sans passer par une banque, et sans avoir à rembourser quoi que ce soit.

Lorsqu’il est question d’un business en ligne comme l’affiliation, cet argument est d’autant moins valide puisque vous n’avez besoin que de très peu d’investissement de départ pour monter votre projet.

En France, on peut se constituer une bonne retraite

C’est sans doute l’argument préféré de ceux qui veulent freiner l’ambition des autres d’un seul mot : retraite. Et oui, reverser une partie de son salaire toute sa vie pour ensuite toucher une retraite est culturellement et socialement ancré en nous.

Sauf que :

  • En tant qu’entrepreneur, le montant de votre retraite dépend du montant de vos cotisations sociales, lequel dépend généralement de votre chiffre d’affaires. Autrement dit, votre statut d’entrepreneur est lui-même source d’instabilité ;
  • Vous pouvez parfaitement fonctionner sur le système américain et vous constituer un fond de retraite. Et c’est d’ailleurs ce qui est recommandé aux entrepreneurs, qu’ils soient établis en France ou non !

En France, l’optimisation fiscale existe et c’est aussi avantageux qu’à l’étranger

Alors oui, il est possible d’optimiser sa fiscalité pour faire quelques économies sans tomber dans l’illégalité. Mais pour cela, encore faut-il savoir comment réaliser ces fameux montages !

Montages fiscaux

À moins que vous ne soyez expert-comptable, il va falloir engager quelqu’un de qualifié pour réaliser cette fameuse optimisation fiscale. Ce qui vous coûtera de l’argent. En plus de cela, je vois difficilement comment il est possible de compenser les 5% de taxes que l’on verse à Malte uniquement avec quelques montages fiscaux dans un pays où l’on doit verser 50% de ses revenus à l’État … Je demande à voir !

S’expatrier pour entreprendre à l’étranger : le mot de la fin

L’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs, certes. Mais si celle de ton pays ne l’est pas assez à ton goût, alors peut-être qu’il est temps d’aller vérifier par toi-même ce qu’il en est en dehors de ses frontières.

Pour ma part, si j’ai quitté la France, c’est aussi parce que je ne m’y sentais plus vraiment à ma place :

  • C’est un pays où l’on n’encourage pas assez les entrepreneurs à se lancer. Il y a bien trop de barrières et de démarches chronophages ;
  • La mentalité des Français est bien trop frileuse à mon goût. La peur de la prise de risque et la recherche constante de la sécurité financière ont la main sur leurs ambitions ;
  • Et puis le système est fait de telle manière à ce que l’on n’ait ni envie ni besoin de sortir de sa zone de confort ;
  • L’argent est si tabou en France que les entrepreneurs ambitieux sont mal vus ;
  • Ce n’est plus un pays où je me sens en sécurité ;
  • Les politiciens tuent dans l’œuf tout espoir d’amélioration.

Bref, lorsque l’on ne se sent plus à sa place, la solution, c’est de bouger. Et bonne nouvelle si tu es entrepreneur : ça va te faciliter bien des choses.

J’espère que mon témoignage t’a été utile, à très bientôt !

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